Notre nation est menacée par la pensée unique, partagée par la droite libérale et la gauche caviar, qui nous dit qu’il n’existe qu’une seule politique possible. Une politique voulue par une soit disant élite qui ne croit plus ni au progrès économique ni au progrès social. Affiliés à cette élite nous retrouvons le technocrate, le notable et le financier, le « enrichissez-vous » cher à Guizot se retrouve tout autant sous les plafonds de l’Elysée que dans les murs de la rue de Solférino. Mais cette politique unique se veut aussi la « détricoteuse » de notre pays et de ses fondements, l’Europe fédérale contre la Nation, la liberté contre l’égalité, la tolérance contre la laïcité, la différencialisation contre l’assimilation, l’individu contre le citoyen, les élites contre le peuple, la ploutocratie et la minoritairocratie contre la méritocratie. Tout cela ne peut que conduire, si nous ne faisons rien, à la fin de l’Etat-Nation et de la République, à la désintégration sociale de notre pays.
La politique de la pensée unique est une politique de la soumission, soumission à la puissance de l’argent, soumission aux technocrates européens, soumission aux Etats Unis, soumission à une nouvelle aristocratie.
A cette pensée unique il nous faut opposer une autre politique, une politique de « développement durable » qui nous pousse à penser le quantitatif avec le qualitatif, l’économie avec la société, le marchand avec le non-marchand, le court terme avec le long terme. Une politique qui prenne la République comme projet, la nation et l’Etat comme point d’appui. Une politique qui ose entreprendre et investir dans le capital productif et dans le capital humain. Une politique d’investissement dans l’école, dans la ville, dans l’aménagement du territoire, dans la recherche, dans la création d’entreprises. Une politique qui ose la réforme fiscale, la réforme sociale, la réforme administrative. Une politique d’indépendance nationale au service de la construction d’une Europe des Nations, au service d’une France tournée vers le grand large et la Francophonie. Une politique renouant avec une certaine idée de la France.
La situation politique de notre pays ne peut pas s’améliorer si nous continuons ainsi. Nous devrions
méditer cette phrase de Louis Napoléon Bonaparte : -« Mettons nous en garde contre ces hommes à théories plus brillantes que vraies, qui poursuivent une idée sans se préoccuper des
effets contraires qu’elle produit … ».
La France doute, elle doute tout comme ses élites qui ne cessent de répéter ses axiomes d’impossibilité du progrès social, d’impossibilité de la France, d’impossibilité d’une autre politique.
Tant que nos élites continueront à reproduire les comportements, les discours et les arguments des temps passés, rien ne pourra changer. On dit que l’Histoire ne se répète pas, mais quelle est la
différence entre l’expert officiel qui dit « face au marchés on ne peut rien faire » et l’expert militaire des années 30 qui disait « les chars ne franchiront jamais les
Ardennes » ? Notre Président mais aussi une grande majorité de notre classe politique semblent donner l’impression qu’ils ne savent pas où
ils vont. A coup de « bling-bling », à coup de « flingage » médiatique, à coup de passages en force, à coup de cadeaux à ceux qui en ont le moins besoin, à coup de dénis de
démocratie, ils continuent leur fuite en avant sans ce soucier de l’essentiel. A regarder notre classe politique, l’on ne peut que faire le parallèle avec la noblesse, domestiquée à Versailles,
qui avait oublié son rôle éminent au service de la France, qui méprisait le peuple et qui ne tarissaient pas de railleries sur ceux qui loin du « soleil » travaillaient à la sueur de
leur front. 2008 est éloigné de 1789 et de 1815 mais l’oligarchie qui nous gouverne, semblable aux ci-devants rentrés dans les fourgons de l’ennemi à la chute du grand Homme, n’a rien appris
et a tout oublié.
Mais tout cela ne pourra pas durer indéfiniment, le système de pouvoir actuel n’est pas plus éternel que les autres. Jusqu’à présent sa force lui est venue de ce qu’il ne disait pas clairement où il allait, d’un discours à un autre, de promesses en phrases à double sens, il a su manœuvré et endormir le peuple. Mais sa légitimité s’effondre au fur et à mesure que son projet de société, si tant est qu’il en ait un, se dévoile et que son imposture intellectuelle et morale devient plus flagrante. Déjà les temps changent, le refus monte de partout, il n’est ni nostalgique ni irrationnel, il vient de certains politiques, de certains intellectuels, il vient du peuple. Le sursaut espéré doit se mettre en marche, le front principal de celui-ci doit être un front politique venant de nouveaux partis et d’une nouvelle élite ou bien il n’y a plus qu’à espérer dans la rue, pour terminer la crise, pour briser les résistances égoïstes de droite, mater les surenchères de gauche et donner le grand coup de balai indispensable pour nettoyer la maison.
Debout La République se veut au service de cette autre politique, mais il ne faut pas croire que tout vient facilement, il faut se baser sur des réalités et non sur des mythes, les réalités ne se traitent pas comme cela, elles se traitent à partir d’elles-mêmes. Il ne faut jamais oublier que l’on ne fait de la politique que sur des réalités.